Silencium, un conte initiatique écrit par l’arbre aux étoiles
Ce conte parle de nos éclats de langage, du danger d’une parole malveillante, de la méconnaissance de notre appartenance au vivant. Un écart entre notre parler et l’origine du langage, dont les alphabets, a coupé les peuples humains des fréquences initiales offertes à l’humanité. Ce texte ouvre un espace vibratoire dans lequel chacun.e est invité.e à participer à une vision collective. Et vous, comment l’imaginez-vous ?
Quand les Dieux retirèrent la parole au Peuple Humain
Un conte qui ne se prend pas au sérieux, pour les petits et les grands
Comme une mer qui se retire, nous nous étions progressivement tus… A l’image du demi-jour d’un crépuscule, les mots étaient repartis dans leur monde jusqu’à disparaitre… A peine prononcée, notre oralité s’effaçait. Certains s’obstinaient encore à parler, quitte à s’énerver, pour finalement renoncer.
Notre communication habituelle s’était repliée en nous, se densifiant d’un nouveau feu. Une flamme apparue comme une nouvelle âme, agitant notre ombre qui se découvrait alors aux yeux de tous.
La perte de la parole nous a d’abord sidérés, puis abattus. Nous n’avions pas encore compris la grande mutation qui s’annonçait :
S I L E N C I U M, L E T E M P S D U P H E N I X
Au commencement…
Mais pourquoi diable subitement plus personne ne terminait-il ses phrases ? En pleine discussion, nos interlocuteurs laissaient la fin de leur propos en suspens… A la radio, sur les réseaux sociaux, entre amis ou en famille, tout le monde semblait subir le même sort ! C’était incompréhensible et tellement inattendu.
Nous n’étions pas devenus sourds, non, nous pouvions encore tout entendre : le vent, la pluie, les cris des animaux, la foudre des éléments. Mais dans ce monde terrifiant dans lequel le peuple humain avait soudainement été projeté, aucune parole ne semblait plus nous être encore autorisée.
Comme si la vie nous demandait tout à coup de réfléchir à nos mots, comme si elle nous retirait la possibilité de commenter.
Le choc nous renversa. Nous étions à l’époque focalisés sur les effondrements climatiques ou économiques, et personne n’aurait pu prévoir celui de la parole. Toute la planète était touchée : villes, campagnes, steppes et déserts, jusqu’aux peuplades les plus reculées. Personne n’avait été épargné.
Face à l’ébranlement soudain de sa sécurité, le peuple humain fit le constat de sa fragilité.
Nous vécûmes de grands vents de panique. Dans les salles de marchés par exemple, les centres commerciaux. Dans les écoles, ou les hôpitaux… Presque toutes les activités durent s’interrompre. Et puis, progressivement, le monde humain s’adapta, dans les services publics comme dans nos relations commerciales … Il fallait bien continuer à vivre !
Nous eûmes bien sûr d’abord recours à la langue des signes. Chacun fut formé en un temps record, et tout le monde se mit à gesticuler tant bien que mal.
En parallèle, grâce à nos portables et à nos ordinateurs, la communication écrite occupa le terrain, et la presse connut sa nouvelle heure de gloire. Les idéogrammes chinois et japonais inspirèrent les jeunes générations de tous les continents qui réussirent à inventer de nouveaux glyphes pour une compréhension plus rapide.
La mutation dans laquelle l’humain était projeté avait ainsi métamorphisé notre vocabulaire.
Passés quelques mois d’agitation, nous décidâmes d’investiguer sur l’origine de ce fléau.
Nous avons fouillé dans les mémoires de notre monde pour trouver trace d’un précédent : rien dans la malédiction de Toutankhamon ni dans celle des Templiers, idem pour les fameux calendriers Maya. A part des annonces fantasques de voyants prophétiques, nous ne trouvions toujours aucune explication…
Une année entière se passa encore à dépoussiérer sans relâche les musées, textes anciens et tablettes sumériennes. Des manuscrits hébraïques furent aussi étudiés contenant en leur sein la puissance des lettres sacrées apparues dans les Temps Anciens, ces alphabets de Lumière reçus notamment par Moïse.
Certains spécialistes étaient même allés jusqu’à ressortir des galets gravés retrouvés en Syrie et datés autour de 9000 ans av. J-C (bien avant les tablettes sumériennes datées elles autour de 4000 ans av. J-C). Mais nous ne trouvions aucune trace d’un semblable phénomène dans l’histoire du monde.
On trouva toutefois mention d’un épisode étonnant durant lequel un virus curieusement nommé le In-Out aurait contraint l’humanité à ne dire que la vérité. Une mutation apparue on ne sait quand et qui avait dû provoquer une belle pagaille. (1)
Mais un matin d’automne, les hiéroglyphes de l’obélisque de la Concorde à Paris livrèrent un message (2) dans ce langage des Dieux riche de plus de 700 cryptogrammes qui donnera plus tard naissance à l’hébreu, au grec et au latin (3). Des égyptologues décryptèrent que la divinité égyptienne Hathor aurait annoncé environ 2600 ans avant notre ère la fin de la parole chez les humains…
Rassurés par cette découverte, les humains vécurent alors un profond retournement : ce qui était apparu comme une calamité se transforma en grâce. Nous étions en réalité en pleine mutation vers de nouveaux états de conscience ! L’acceptation progressive de cette mise sous silence nous poussa à adopter une certaine sobriété, une sorte de yoga mental, une écoute différente de l’information.
La fin de l’obésité des mots offrit un alignement au corps, qui s’ajusta à ce nouvel état. Ainsi, une respiration plus profonde et apaisée développa nos poumons, nos mâchoires se détendirent… Nos corps avaient commencé leur mutation.
Nos esprits aussi se transformèrent. Ils s’ouvrirent à la beauté de l’âme, plus aucune malédiction prononcée ne venait ternir notre clarté mentale.
C’est ainsi qu’une communication bien plus subtile vit progressivement le jour. Dans la brume de nos pensées, nous percevions dans une soudaine clarté ce que l’autre souhaitait nous dire. L’air débarrassé de nos commentaires inutiles véhiculait l’information entre nos esprits télépathes, même à des milliers de kilomètres de distance.
Après quelques années d’expérimentation, nous franchîmes une autre grande étape : nous entendîmes la nature nous parler…
Nous parvenions désormais à capter son enseignement. Des fleurs nous chuchotaient le secret de leur vitalité, et leur capacité à communiquer entre elles au sein du monde végétal. Des oiseaux nous transmettaient la clé de leurs si belles murmurations. Certains d’entre nous entendirent même les pierres leur raconter la mémoire de la Terre. L’information subtile du vivant nous était rendue accessible.
Reliés en permanence, nous ressentions le Grand Tout, celui dont parlent les Peuples Premiers. Nous étions devenus des corps conscients dont chaque cellule vibre à l’unisson du vivant.
Dans l’ancien temps, le langage nous avait bien sûr ouvert des perspectives immenses, mais il nous avait aussi piégés et enfermés dans des diktats. Une parole pouvait tuer tout autant que guérir, détruire comme construire. Nos paroles parfois mal ajustées avaient pu induire des « mal à dit », comme une distorsion énergétique, un froissement de la réalité. Mais désormais, nous avions fait le deuil de l’oralité, et nos nouvelles antennes captaient bien plus qu’avant l’ère du « Silencium ».
Nous arrêtions de réfléchir à nos devenirs pour simplement observer, nous observer nous, et tous les autres règnes. A cet instant, le peuple humain réalisa que le vivant nous observait lui aussi : les animaux, les végétaux étaient constamment en résonance avec nous. C’était pour les terriens un nouveau virage. Les humains multiplièrent alors les veillées silencieuses en pleine nature au coin d’un feu, pour écouter et recevoir télépathiquement l’information transmise par les arbres, les insectes, ou les pierres…
Ce furent ainsi quatre-vingt-dix années d’évolution qui permirent à plusieurs générations de vivre dès leur incarnation ce nouvel état de conscience terrestre.
Et puis, un matin d’hiver, la Terre toute entière manifesta un changement. Les premiers signes vinrent du sol : un frémissement, puis un grondement sensible fit vibrer nos structures osseuses, le monde animal lui-aussi percevait ce phénomène venu des profondeurs. Les humains imaginèrent alors l’arrivée imminente d’un être qui allait incarner un renouveau, la fondation d’une nouvelle Bethléem. Et c’était sûr, cet être allait prendre la parole !
Le grondement fit résonner dans nos gorges un bourdon infiniment léger mais audible, nous laissant stupéfaits de voir revenir la vie dans nos cordes vocales. Dans cette puissance qui montait en nous, nous ressentions arbres, roches, animaux, fleuves, volcans, la planète tout entière, bourdonner au diapason. Le vivant s’accordait avant la venue de cette nouvelle âme qui allait naitre.
Tout à coup, un bruit surgit comme si un vent violent s’était mis à souffler, et il retentit dans tous les Ciels de la Terre. On vit alors danser des immenses lettres de feu.
En un instant, tous les êtres retinrent leur souffle, la planète entière se mit en présence. Les colombes se posèrent délicatement sur les arbres, les rivières elles-mêmes semblaient écouter, l’air n’était plus qu’infinie douceur.
Et dans l’éclat du soleil naissant, après des années de silence, ce ne fut pas une parole, mais un chant qui surgit. Une harmonie sublime emplit chaque être vivant. Ce n’était pas un nouvel être qui arrivait mais une nouvelle fréquence.
Un son ensemença alors toute la planète d’une nouvelle réalité. Les cellules de notre corps l’avaient reconnu, ce son était la source de toute chose. Ils fermèrent les yeux, pour se laisser entièrement informés par ce qui arrivait.
Lorsqu’ils ouvrirent les yeux, autour d’eux s’était manifesté précisément la vision qu’ils avaient eue collectivement, le langage de lumière était créateur…
Tandis qu’à quelques années-lumière de là, au même moment, s’alignaient sept planètes et un soleil. Une parade cosmique qui ne se joue que tous les deux mille ans…
To be continued…
Et sur le médaillon de la basilique de Vezelay…
Cette sirène fait partie des trois symboles taillés par les maitres d’œuvre de la Basilique de Vézelay. Situés au-dessus du Christ dans le tympan du centre au niveau du narthex, espace situé entre l’extérieur de la basilique et sa nef. (4)
Références
(1) https://www.larbreauxetoiles.fr/in-out-le-conte-de-noel-d-un-futur-desirable/
(2) https://www.histoire-et-civilisations.com/actualite/paris-des-hieroglyphes-secrets-reveles-sur-lobelisque-de-la-concorde-99926.php
(3) D’après l’ouvrage « Les lettres sacrées de l’alphabet hébreu » de Franck Lalou
(4) https://www.cieldujour.net/basilique-de-vezelay/
A propos des auteurs…
Ce texte a été écrit par Cyril, en collaboration avec Maÿlis. Cyril et Maÿlis Guiraud sont les créateurs et gardiens de l’écolieu l’arbre aux étoiles, près de Honfleur en Normandie. L’arbre aux étoiles accompagne la transition sociétale dans toutes ses dimensions : au niveau personnel avec une large offre de stages, au niveau professionnel, en accueillant les séminaires des entreprises et des formations engagées, et au niveau local en proposant des événements visant à renforcer le lien social.
Merci de conserver le texte dans sa version originale et entière s’il devait être partagé.
Bonus: quelques citations sur le Silence
« Le silence fait plus peur que les cris. J’aime les gens qui n’ont pas peur du silence. C’est avec lui que l’on entend les plus belles confidences. » Gandhi
« Il y a une voix qui n’utilise pas les mots. Écoute ! » Rumi
« Aimer le silence, c’est aimer être en sa propre compagnie pour entendre penser son âme. » Rumi
« Le silence est très important. Le silence entre les notes est aussi important que les notes elles-mêmes. » Mozart
« Le silence extérieur ouvre les portes du silence intérieur. » Christophe André
« Malheur à ceux qui n’ont pas connu le silence ! Le silence est un peu de ciel qui descend vers l’homme. » Ernest Psichari
« Le silence ne dit mot, mais le silence en dit long. » Thomas Gatabazi
« Parle si tu as des mots plus forts que le silence, ou garde le silence. » Euripide
« Si l’homme a deux oreilles et une bouche, c’est pour écouter deux fois plus qu’il ne parle. Le silence est un ami qui ne trahit jamais ». Confucius
« Rompre le silence est souvent délicat, on ne sait pas quel bruit suivra, une petite mélodie ou un vacarme à transpercer les tympans. » Agnès Ledig
« N’interrogez pas le silence car il est muet… c’est en nous même que nous devons chercher la délivrance. » Bouddha.
“Le silence est le plus haut degré de la sagesse.” Pindare
« Le silence est une des formes les plus perfectionnées de l’art de la conversation. » Willima Hazlitt
« Le silence est une des choses les plus difficiles à réfuter. » Josh Billings
« Il y a des silences qui sont de dangereux explosifs ! » Daniel Pennac
« Quoi de plus complet que le silence ? » Balzac
« Ne trouvez-vous pas que le silence est comme un avant-goût du bonheur ? » Ignazio Silone
« La bouche garde le silence Pour écouter parler le cœur. » De Musset
« Aimer vraiment c’est aimer en silence, avec des actes et non des mots. » Carlos Ruiz Zafon
« Aimer c’est offrir à l’autre la clé de son silence. » Pierre Adonis
« Lorsqu’on vient d’entendre un morceau de Mozart, le silence qui lui succède est encore de lui. » Sacha Guitry
« Le silence est chemin de vérité. Il peut être inconfortable, certainement non négociable et par-dessus tout puissant par ce qu’il permet de déposer. » Cyrill


« Le silence ne dit mot, mais le silence en dit long. » Thomas Gatabazi

